"Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d'être furieusement heureux. Oui, imaginez une seconde que vous n'êtes plus l'otage de vos peurs, que vous acceptez les vertiges de vos contradictions. Imaginez que vos désirs gouvernent désormais votre existence, que vous avez réappris à jouer, à vous couler dans l'instant présent. Imaginez que vous savez tout a coup être léger sans être jamais frivole. Imaginez que vous êtes résolument libre, que vous avez rompu avec le rôle asphyxiant que vous croyez devoir vous imposer en société. Vous avez quitté toute crainte d'être jugé. Imaginez que votre besoin de faire vivre tous les personnages imprévisibles qui sommeillent en vous soit enfin à l'ordre du jour. Imaginez que votre capacité d'émerveillement soit intacte, qu'un appétit tout neuf, virulent, éveille en vous mille désirs engourdis et autant d'espérances inassouvies. Imaginez que vous allez devenir assez sage pour être enfin imprudent.

Imaginez que la traversée de vos gouffres en vous inspire plus que de la joie. C'était tout cela être le Zubial."

Alexandre Jardin, Le Zubial

20.11.06

Charlie et la chocolaterie

Je n’en peux plus ! Vous me direz : « Tu l’as bien cherché !» Et vous aurez raison.
J’ai compris (oui oui ! Parfois j’apprends de mes erreurs), après le premier anniversaire que mon fils a fêté à la maison avec ses copains, qu’il ne serait PLUS JAMAIS QUESTION d’inviter toute la classe.
Alors l’année suivante, comme je ne voulais pas faire de la peine au reste de la classe, j’ai entrepris de faire un grand gâteau au chocolat (avec moule maxi-familial de chez le grand suédois) dont le succès ne se dément pas année après année.
À la fête avec les copains et le gâteau pour toute la classe, s’est ajoutée la fête familiale, inévitable si je voulais prétendre toucher ma part d’héritage (pour ceux qui en douteraient encore : oui ! je suis vénale).
Avec un enfant et une fois par an ça me semblait plutôt sympathique, mais multipliez ces festivités par trois, à une semaine d’intervalle et vous aurez une idée de mon calvaire ces derniers jours. J’ai passé mon temps à faire des courses et à cuisiner.
D’autant que des facteurs que vous n’imaginez même pas, peuvent rendre l’exercice encore plus croustillant.
À partir du CP les découpages de gâteaux sont interdits dans les classes, la dame de service de l’élémentaire ayant décidé que les miettes eh ben….ça salit ! En prime ce soir vous aurez un scoop : « Les miettes salissent !»
Il faut donc préparer le gâteau suffisamment tôt pour qu’il ait le temps de refroidir (mais pas la veille pour des questions sanitaires) afin de le découper proprement en une vingtaine de parts égales. Parts de gâteaux à emballer individuellement dans du papier-film avant de les glisser avec des briquettes de jus d’oranges (ne pas oublier la paille sinon c’est le drame !) et deux ou trois bonbons, à l’intérieur des sacs à bonbons.
Les sacs à bonbons spécialement conçus pour les anniversaires, n’ont plus aucun secret pour moi. Vous pouvez me demander n’importe quelle marque, je serai en mesure de vous dire dans quel supermarché elle est référencée.
Je ne supporte plus l’odeur du chocolat et je considère « Nestlé dessert » comme une insulte.
Je viens tout juste de sortir des fourneaux après la phase « repas de famille », ce matin c’était « gâteau pour la classe » version CP pour ma fille. Samedi ce sera « la fête avec les copines ». Si je ne m’abuse, Bellzouzou partagera ma souffrance ce même-jour, alors Bellzouzou : courage !
Je peux crâner car j’ai passé les deux tiers du second triptyque, mais le troisième anniversaire sera sans doute le plus long et le plus difficile.
Si vous connaissez quelqu’un qui envisage de créer une cellule de soutien psychologique aux parents qui fêtent les anniversaires de leurs enfants, merci de me faire passer ses coordonnées.

4 commentaires:

Bellzouzou a dit…

non, tu ne seras pas seule dans la misère, Névrosia, et samedi en plein coeur de l'après-midi, je ne manquerai pas d'avoir une pensée émue pour toi, ma pauvre soeur d'infortune!

Nevrosia a dit…

Ta sollicitude me touche, je me sens déjà plus forte.Je sais que ce ne sera pas facile pour toi non plus, alors dis-toi bien que ça aurait pu être pire......tu aurais pu avoir des jumeaux !
Oui je sais ! On se console comme on peut :-( ;-)

Bellzouzou a dit…

mes voisins ont des jumeaux, tiens-toi bien: ils fêtent deux fois, à une semaine d'intervalle!!!

Nevrosia a dit…

:-) Le souci d'individualiser les personnalités chez les jumeaux peut conduire à des comportements absurdes. Mais si ce sont les enfants que le demandent...En tout cas, pour eux aussi, je compatis !